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Photo 1 |
L’hiver est proche mais
la chapelle a quitté son manteau protecteur (photo 1, pour agrandir les photos cliquer dessus) aidée en cela par une sorte d'insecte géant (photos 2 et 3). En effet les travaux de charpente, terminés depuis un bon moment, avaient cédé la place aux couvreurs qui ont maintenant fini la remise en place des lauzes sur la toiture ce qui autorise le démontage de la protection provisoire mise en place avant les travaux.
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Photo 2 |
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Photo 3 |
Histoires de cloches.
Il reste
cependant un fragment d’échafaudage destiné à permettre l’accès
à la baie supérieure du petit clocher-mur (photos 4 et 5).
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Photo 4 |
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Photo 5 |
Cette baie, vide semble
t-il depuis fort longtemps, va en effet retrouver la petite cloche
dont elle fut équipée à la fin du 19e siècle ainsi
qu’en atteste le nom du Recteur Le Rolland gravé sur la cloche
(photos 6 et 7). Retrouvée dans la sacristie, elle nécessite une
réparation au niveau de ses 2 tiges métalliques de fixation, on
voit sur la photo 5 une des deux encoches d’encastrement des tiges.
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Photo 6 |
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Photo 7 |
La cloche en place dans
la baie inférieure est nettement plus grosse (photo 8), elle porte
la date de 1809 et le nom du Recteur Arthur de Kéralio (photo 8a). Déjà en
poste à Plougrescant en 1785, ce dernier refusa de prêter le
serment exigé à la Révolution, gagna Jersey en 1791, reprit son
ministère à Plougrescant en 1803 et installa donc cette cloche en
1809 en remplacement de celle volée en 1792 par le bataillon
d’Étampes.
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Photo 8 |
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Photo 8a (détail) |
Ce bataillon, de sinistre mémoire, avait saccagé la
cathédrale de Tréguier et semé carnage et terreur dans cette
ville.
Dans un document rédigé
en 1888 par l’abbé Yves Marie Lucas, alors vicaire à
Plougrescant, on trouve cette information :
« Cette belle
cloche, avec la cloche Saint-Yves de Tréguier fut volée en 1792 par
les patriotes du bataillon d’Étampes caserné à l’évêché et
au couvent des Ursulines. Ces cloches devaient être fondues pour
faire des canons, mais l’embarcation qui les transportait fut
submergée en vue de la tour de Cessoz, près du Légué
Saint-Brieuc » Voici donc une piste pour les explorateurs
de fonds marins !
Rejointoiement.
Le rejointoiement
extérieur des murs de la nef et de la tour a pris fin (photos 9 à
12), il a été réalisé avec un sable relativement grossier et un mortier
blanc très légèrement ocré. Cette opération était indispensable
pour remédier au défaut d’étanchéité des murs.
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Photo 10 |
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Photo 9 |
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Photo 11, avant rejointoiement |
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Photo 12, après rejointoiement |
Restauration des peintures de la voûte (photos 13 et 14).
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Photo 13 |
À l’instar du travail réalisé par l’entreprise Le Ber sur les
lambris, celui fait par l’entreprise Arthéma sur les décors se
révèle de grande qualité. Il se caractérise par le respect de
l’authenticité du décor d’origine : d’une part les
retouches ont été faites à bon escient, d’autre part le gros
travail de reconstitution des décors sur les parties de bois vierge
s’avère en harmonie avec le reste.

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Photo 14 |
L’opération est pratiquement terminée et sera finalisée par l’application au pinceau d’un vernis protecteur sur
l’ensemble des décors.
Un prochain article sera entièrement consacré a cette restauration des peintures de la voûte.
La fin des travaux de
la première tranche est envisagée pour fin novembre ou mi-décembre
2013 à l’issue des opérations suivantes :
À l’intérieur, les
maçons vont appliquer d’abord un enduit dit « à pierre
vue » très couvrant et laissant apparaître très
ponctuellement la face des moellons les plus saillants, suivi d’un
badigeon à la chaux. Cet enduit était courant au Moyen Âge, des
traces attestent de sa présence dans la chapelle. Plus près de
nous, on constate sur une carte postale ancienne (photo 15) la
présence d’un enduit plus épais et agrémenté d’hermines
bretonnes.
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Photo 15 |
Les électriciens ont mis
en place un nouveau réseau de câbles pour alimenter un
appareillage de sécurité et aussi des éclairages performants pour
bien mettre en valeur tout l’intérieur de la chapelle.
Les eaux pluviales
stagnent actuellement contre la chapelle et dégradent les murs, l'évacuation de ces
eaux est donc indispensable. Le Service Régional d’Archéologie
s’oppose (non sans raison) à la mise en place d’un réseau de
drainage enterré, la présence de vestiges est en effet quasi
certaine dans l’enclos (ancien cimetière). La solution proposée
par l’architecte est un pavage superficiel "avec fil d’eau et pentes" afin de
recueillir les eaux et de les évacuer loin des murs.
Une opération sur les
vitraux de la nef semble prévue pour la modification des deux
verrières de la nef
La restauration des portes de la
chapelle semble également prévue dans l’achèvement de la
première tranche.