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Bienvenue sur le blog de l'Association des Amis de la Chapelle Saint-Gonery à Plougrescant, village de bord de mer dans les Côtes d'Armor.

Au centre du bourg de Plougrescant, cette chapelle classée des XII et XVe siècles attire le regard par sa flèche penchée, son vaste enclos paroissial, sa chaire à prêcher et son if multicentenaire.

A l'intérieur, elle révèle ses richesses, entre autres, une Vierge à l'Enfant en albâtre et une crédence remarquablement sculptée, toutes deux du XVIe siècle, mais surtout des peintures naïves, fin du XVe siècle, représentant des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament, réalisées sur la voûte de la nef.

Vous pourrez déjà avoir une idée de ces richesses en allant dans la rubrique "Visite guidée de la chapelle" ci-dessous à droite.

Pour les horaires de visite, consultez la rubrique "Visite de la chapelle : renseignements, horaires", également ci-dessous à droite.

Pour sauvegarder et valoriser ce patrimoine unique, notre association, en plein accord avec la commune de Plougrescant, propriétaire de la chapelle, s'est fixé pour tâches d'aider à trouver les fonds pour les travaux nécessaires à sa restauration ou à sa conservation en l'état et de faire partager au plus grand nombre ce joyau de notre patrimoine par des visites guidées, des brochures (consultez la rubrique "Brochure explicative illustrée", ci-dessous à droite) , des cartes postales ou des manifestations culturelles.

Notre association propose en effet également des concerts dans la chapelle car son cadre magnifique et son excellente acoustique sont en effet tout à fait propices à ces manifestations.

Ce blog est donc le support et le prolongement de ces actions tout en permettant un suivi de l'actualité entourant cette chapelle et les activités de notre Association.

Si vous souhaitez soutenir notre action en faveur de la chapelle vous pouvez adhérer à notre association comme indiqué à la rubrique "Adhérer à l'Association des Amis de la Chapelle Saint-Gonéry" ci-dessous à droite.

Pour nous contacter écrivez-nous à l'adresse mail : lesamisdesaintgonery@gmail.com

lundi 17 juin 2013

Restauration de la sous-charpente de la chapelle et avancement des travaux dans la chapelle début juin 2013



RESTAURATION DE LA SOUS-CHARPENTE

Dessin de la charpente


Croquis de la charpente avec dénomination des pièces de charpente (cliquer sur le croquis pour agrandir)



Photos de la restauration avec commentaires explicatifs.( cliquer sur les photos pour agrandir)

1: Une panne neuve très robuste passe sous les chevrons de toiture. Elle soutient les poutres courbes, près de leur partie inférieure, par des équerres en acier galvanisé.



2: Les coyaux fixés à l’extrémité des chevrons de toiture reposent sur la sablière extérieure tandis que les poutres courbes reposent sur la sablière intérieure. Le chevron de toiture est cloué sur une panne intermédiaire neuve, elle même fixée à l'extrémité d'une poutre d'entrait.



3: La panne sablière sur laquelle sont posés les coyaux, tandis que les poutres courbes reposent sur la sablière intérieure. Entre les 2 sablières du mortier a été coulé.



4: Les poutres courbes sont fixées a la panne neuve par des équerres en acier. En haut, la fixation d'une poutre intermédiaire à une pièce de ferme par une ferrure.



5 : En haut la panne intermédiaire soutient les poutres courbes par des pendards en acier. En bas les chevrons de toiture sont cloués sur une poutre intermédiaire neuve.



6 : Extrémité des coyaux posés sur la sablière extérieure, tandis que l’extrémité des poutres courbes repose sur la sablière intérieure. Entre les 2 sablières une liaison avec queue d'aronde, l'intervalle est bourré de mortier.



7 : Extrémité de sablière remplaçée, elle est fixée à la ferme par une équerre en acier. Deux chevilles relient la partie neuve avec l'ancienne. Un bain de mortier entre sablières renforce l'ensemble.



8 : Fixation par clous du chevron sur une panne neuve. Une poutre courbe est liée à cette panne par une équerre. Aperçu de la liaison entre les sablières par une entretoise à queue d'aronde, puis le bain de mortier.




9 : Extrémité des chevrons qui sont prolongés une première fois au niveau de la panne intermédiaire avec la même pente, puis une deuxième fois par un coyau qui avec une pente différente vient reposer sur la sablière extérieure.




10 : Ferme de toiture rénovée.
Les arbalétriers sont doublés et soutiennent les pannes intermédiaires par des ferrures. Un faux entait (pièce transversale) est en place, il supporte 2 pannes (nous n'en voyons qu'une) auxquelles sont pendues les poutres courbes dont on peut voir la précarité.



AVANCEMENT DES TRAVAUX

Les travaux se déroulent de façon satisfaisante tant sur le plan de la qualité que de celui des délais.

- La restauration de la sous-charpente est terminée. C'était certainement la partie la plus délicate : peu de pièces de bois ont été remplacées. Les pièces arrondies d'extrados de la voûte, dont certaines sont profondément attaquées par les xylophages, ont été suspendues ou reliées à des pannes longitudinales neuves et très robustes, par des pièces en acier, trois poutres courbes d’extrados ont cependant dû être remplacées par des neuves. La structure de la voûte a été rigidifiée au niveau de chaque ferme par la mise en place d'aisseliers et de pendards d'aciers reliés aux pannes longitudinales.

- Les pièces principales de la charpente ont fait l'objet d'une datation (analyse dendro-chronologique) qui permet de situer la coupe des bois à 1479-1494

- Les sablières ont été doublées ou partiellement remplacées (greffes) puis bloquées sur la partie supérieure du mur (arase) par une large épaisseur de mortier.

- Un traitement anti-xylophage des pannes et poutres de soutien de la voûte est en cours de réalisation. Les parties les plus altérées sont imprégnées de résine spéciale.

- En ce qui concerne les lambris ils reçoivent le même traitement xylophage. Certains, jugés trop altérés, ont été démontés et ils feront l'objet d'un contre collage sur des lambris neufs en châtaignier. Cette opération entraîne un supplément de prix de 4500 euros HT. La repose est prévue au début de Septembre.

Dès cette fin de semaine n° 23, les couvreurs vont commencer la repose des voliges, pour ensuite poursuivre par les ardoises dont ils ont trié et retaillé les récupérables. La couverture sera terminée en Octobre

- Des tests d'enduit intérieur et de jointoiement des pierres à l’extérieur sont prêts pour l'appréciation de l'Architecte des Monuments de France. Ce dernier doit venir ce Mercredi 19 juin. Les travaux de maçonnerie pourront alors commencer.

- Ensuite viendront les phases d’électricité et d'éclairage, puis, en fin d'année, la restauration finale des lambris et de leurs peintures.










vendredi 26 avril 2013

Des nouvelles du chantier de restauration de la chapelle en avril 2013



Le toit de la chapelle dans son "cocon"


Une visite de chantier, conduite le 17 avril dernier par le cabinet 2BDM architectes des monuments historique et en présence de l'entreprise Cruard (Charpentier), nous a permis de constater que le chantier avance normalement suivant le planning.

Actuellement le bâtiment est entièrement protégé et comporte des échafaudages à l’intérieur comme à l’extérieur, avec des plates-formes de travail rendant accessibles tous les niveaux. L’accès du chantier est bien sûr strictement interdit au public.

Les ardoises, les voliges et certains chevrons ont été déposés, ainsi que des parties de lambris peints, trop déformés, pourris ou vermoulus.
Pour agrandir les photos cliquer dessus.








 Nous avons pu facilement constater le mauvais état des pièces courbes de charpente qui supportent et donnent la forme de la voûte peinte. Ces pièces placées au dos de la voûte ne sont visibles et accessibles que si l'on dépose la toiture, c'est pour cette raison qu'elles n'ont pas subi de travaux depuis plusieurs siècles. 


 


Cette sous-charpente ressemble un peu aux membrures d'une coque de navire. Elle sera renforcée par la mise en place de 4 poutres larges et épaisses, placées longitudinalement et posées sur des doublages d'entraits et de contrefiches.
Les éléments courbes de charpente sont accrochés à ces poutres maîtresses par des équerres en acier galvanisé.




Par ailleurs nous avons constaté le mauvais état des poutres sablières (posées sur la partie supérieure des murs elles supportent la charpente et la sous-charpente), ces poutres sont profondément vermoulues et pourries et devront être renforcée par différents moyens suivant les endroits (doublages, greffes …). Les pièces de bois endommagées seront évidemment traitées contre les insectes xylophages par des injections et pulvérisations de fongicide, plus efficace que l'enfumage prévu initialement.

 


Au bas des lambris peints, les moulures en bois actuelles seront remplacées par des pièces faisant mieux la jonction avec les murs. Ces derniers sont constitués de simples moellons assez pauvres et peu épais, aux joints extérieurs plutôt dégarnis, laissant passer le jour à certains endroits. Ces murs étaient initialement dotés d'un mince enduit  et d'un badigeon coté intérieur (on aperçoit même un décor d'hermines sur des vieilles photos) et il est envisagé de présenter les murs intérieurs de cette façon (sans les hermines).

La restauration des peintures de la voûte devrait commencer le 29 Avril.

En ce qui concerne l'écoulement des eaux pluviales, il semble que la mise en place de drains dans des tranchées, le long des murs, à l’extérieur, soit en passe d'être abandonnée en raison des dommages irréversibles qui seraient occasionnés au sous-sol et que les archéologues pourraient plus tard déplorer. 
Une autre solution devra donc être trouvée.

Nous espérons toujours voir la fin de cette première tranche (la plus importante, et la seule fermement commandée) pour l'été 2014.

Une prochaine réunion de chantier est prévue vers le 2 Mai 2013. 


Le panneau de chantier






lundi 22 avril 2013

La presse en parle : article dans Ouest-France du 11 avril 2004


mardi 2 avril 2013

Les pigeonniers de Plougrescant


Lezernant

Selon les coutumes féodales, il fallait être seigneur d’un fief et exploitant d’un domaine pour avoir droit de
colombier. En 1488, la Duchesse Anne reconnait : « que les deux lieux-dits de LEZERNAN et KÉRALIO sont chevaleries anciennes décorées de plusieurs insignettes et privilèges comme de siège de juridiction de haute, moyenne et basse justice, étang, moulins, pigeonniers, métairies, garennes et chapelles. »
De cette citation il demeure notamment le pigeonnier de LEZERNANT, certes effondré du coté opposé à la route, mais attestant de la seigneurie du lieu.
Les pigeonniers sont en général de forme cylindrique, dotés d’un toit depuis le XIV e siècle ils contiennent un nombre de nids, appelés boulins, qui est fonction de la taille du domaine évaluée en arpents. Chaque nid correspond à la possession d’environ ½ hectare, la taille du pigeonnier est donc fonction de l’importance du domaine.

Kergresq

Le manoir de KERGRESQ, qui fut notamment propriété de la famille DU HALGOUËT puis de la famille HENRY, était muni d’un pigeonnier où l’on voit encore la disposition des boulins. Situés sur la paroi cylindrique intérieure, leur exploitation se faisait à l’aide d’une échelle tournant autour d’un axe central.
Apanage visible du statut élevé du seigneur, le pigeonnier se devait d’être construit avec grand soin, c’est le cas à Plougrescant, alternant les blocs taillés de granite avec de minces couches de schistes afin de récupérer assez régulièrement l’horizontalité, à la manière des constructions romaines. Les toits sont aussi en pierres formant une voute aplatie. La longévité des pigeonniers était ainsi assurée, perpétuant le niveau du statut seigneurial.


Porte pigeonnier Gouermel 


Le pigeonnier de GOUERMEL présente, autour de sa porte (qui a, elle, été rénovée), un très bel appareillage en pyramide surmontée de linteaux en triangle.
Au TOUROT, il existait un manoir siège d’une seigneurie, la première trace de cette seigneurie est connue en la personne de Pierre de LAUNAY, sieur du TOURAULT, né vers 1534. Le pigeonnier est bien visible, en partie écroulé, et recouvert de lierre. À proximité, le manoir était doté d’une chapelle et aussi d’un moulin.

Tourot

Le manoir de KERGREC’H possédait lui aussi son pigeonnier, sa présence est attestée dans un Aveu publié en 1548 par Guillaume de KERGREC’H et son épouse Louise de BOTLOY. Il y figure sous la dénomination : « Colombier à boullards ». Un Aveu plus récent (1765) nous en donne une description précise :
« Noble maitre Guillaume Marie DUPORTAL avocat à la Cour, ancien Sénéchal et Prévôt des juridictions des Regaires et prévôté de Tréguier, maire actuel et miseur de la ville et communauté dudit Tréguier, y demeurant paroisse de Saint Sébastien Déclare et avoue avoir tenu et posséder à titre de convenant et de domaine congéable aux us et coutumes de l’évêché de Tréguier, sous et de part haut et puissant seigneur Messire Guillaume de ROSNYVINEN, Chevalier seigneur marquis de Piré, propriétaire des terres, fief et seigneurie de Kergrec’h Bois Yvon, demeurant ordinairement en son hôtel de Rennes, rue corbin paroisse de Saint Pierre en Saint Georges :
Le manoir noble de Kergré, autrement dit Kergrec’h Bois Yvon ….
Le colombier en maçonnerie vouté de même avec contreforts à l’extérieur, ledit colombier ayant seize pieds trois pouces (4,5 m.*) de diamètre dans œuvre par le bas, quinze pieds (4,15 m.) de hauteur en dehors jusques sous le larmier, dix neuf rangs de boulins en dedans, neuf gradins avec un larmier ; pour y entrer une huisserie en taille avec porte et serrure ; l’intérieur garni de poutrelles, pivot et échelle mouvante, le fond pavé et formant bassin. »
*équivalence donnée avec la valeur du pied en usage à cette époque en France
Il apparait ici que la dénomination des nids est passée de « boullard » en « boulin »; le larmier désigne, sur la partie haute de la façade des pigeonniers, un bandeau en saillie destiné à interdire la montée des prédateurs tels que fouines, belettes.
On ne distingue actuellement plus de traces de ce pigeonnier, il est signalé dans le document ci-dessus comme étant proche de la ferme-métairie située sur le domaine.
La commune de Plougrescant comptait donc 5 grands pigeonniers. Comme partout en France on imagine que les cultivateurs eurent à se plaindre des dégâts causés aux récoltes par les pigeons, il en est d’ailleurs fait mention dans les « cahiers de doléances » dont l’usage remonte au XIVe siècle, les plus connus étant ceux de 1789. La « nuit du 4 août » de l’abolition des privilèges supprima cette exclusivité seigneuriale. Notons aussi qu’un nouveau code rural en 1791 autorisa de tirer sur les pigeons en période de moisson.


Epoisse

Pris dans le colombier (XVIe siècle) du château d’Époisses en Bourgogne, ce cliché nous montre le dispositif d’échelle tournante. À noter que certains pigeonniers sont de forme carrée ou octogonale, l’intérieur est néanmoins généralement pourvu de cet ingénieux système.

Michèle et Marc PONSONNET
Association des amis de la chapelle Saint-Gonéry

samedi 19 janvier 2013

Une poulie mystérieuse et un faux autel dans notre chapelle







Dans le transept sud de notre chapelle, le visiteur est invité à lever les yeux pour admirer les sablières qui ornent le haut des murs. Son attention est généralement attirée également par la vision insolite d’une poulie suspendue à la poutre d’entrait qui traverse le transept. Les valeureux guides se doivent donc de fournir une explication aux visiteurs : ce fut d’abord l’hypothèse de la présence d’un luminaire avec la nécessité d’un mode de suspension compatible avec une facilité de remplacement des chandelles. Mais une observation plus attentive des lieux montre à la verticale de cette poulie une différence d’aménagement du sol : sur un rectangle bien délimité, le pavement présente un aspect différent des alentours. Ce serait l’indice de la suppression d’un puits existant autrefois à cet endroit (et bénéficiant de l’usage de la poulie), car un visiteur ayant des capacités de sourcier nous a affirmé la présence d’eau souterraine à cet endroit précis.











Cette interprétation s’accorde avec les souvenirs ancestraux d’anciens Plougrescantais présentant  comme une « table d’offrandes » dans le transept (et non pas comme un autel) ce qui figure sur la photo ci-dessous. L’usage de la table d’offrandes était très répandu depuis les temps primitifs du christianisme et pratiqué aussi dans le judaïsme, cette table était alors connue sous le nom latin « oblationarium », la définition de cette table mentionne bien la distinction à faire avec l’autel, destiné exclusivement à la célébration de l’Eucharistie. Les fidèles y déposaient leurs offrandes, généralement en nourriture, celles-ci étant destinées d’abord aux besoins du clergé de la paroisse, ensuite les pauvres de la paroisse pouvaient disposer du reste, et utiliser le puits pour prendre de l’eau. Selon les anciens, il leur était même possible (hors offices bien sûr) d’utiliser cette table pour y prendre un repas, on peut voir ici une séduisante allusion au symbolisme du repas eucharistique. La tradition généralement admise sur l’usage en Bretagne de la table d’offrandes est moins pittoresque : les dons y étaient déposés à l’occasion de la grand-messe dominicale, à l’issue de l’Office le clergé prélevait sa part pour sa subsistance et le reste était alors vendu aux enchères au bénéfice de la paroisse et de ses œuvres charitables.



Article dans OUEST FRANCE du 24 décembre 2012


La chapelle Saint-Gonéry révèle ses secrets, grâce aux travaux - Plougrescant

lundi 24 décembre 2012

Cette tête de Christ illustre le besoin urgent de préservation et de restauration des peintures.
La chapelle Saint-Gonéry, classée des XII et XV e siècles, attire le regard par son clocher penché, son vaste enclos paroissial, sa chaire à prêcher et son if multicentenaire.
À l'intérieur, elle révèle ses richesses, entre autres, une vierge à l'enfant en albâtre et une crédence remarquablement sculptée, toutes deux du XVI e siècle, mais surtout des peintures naïves, également du XVI e , représentant des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament, réalisées sur la voûte de la nef.
L'association des Amis de la chapelle, en plein accord avec la commune, propriétaire du monument, s'est attachée à trouver les fonds pour les travaux nécessaires à sa restauration et à faire partager au plus grand nombre ce joyau du patrimoine local.
Depuis quelques semaines, une cathédrale métallique a investi la chapelle Saint-Gonéry. Elle cercle toute la nef et se coiffe d'un plateau de métal.
L'usure du temps a fait son oeuvre
Cet échafaudage a permis aux responsables de l'association d'effectuer un voyage dans le temps puisqu'à l'ouverture de la trappe sommitale, ils ont débouché soudain au XV e siècle grâce à ce plancher, établi au ras de ces peintures seulement connues d'en bas en ce XXI e siècle : « Au-delà d'une vision rapprochée de tous les détails, on ressent une sensation de contact avec une subtile présence rémanente de ces artistes d'un autre temps. Nous ne sommes plus seulement devant leur peinture mais également bien au milieu de leur groupe et de leurs pensées qui prennent forme sur le plafond lambrissé. Les lambris sont fixés sur la poutraison qui les tient au moyen de clous désormais rouillés. Il est prévu d'en traiter les têtes au cours des travaux. La réfection de cette poutraison est un impératif vital pour l'avenir de la chapelle car la chute des lambris peints serait une perte irrémédiable. Quelques planches ont échappé à leur fixation, des trous se sont formés et on constate beaucoup de défauts de surface. »
Selon l'entreprise qui en effectuera la restauration, le nettoyage des peintures s'effectuera assez facilement car le décor n'est pas très sale. Mais l'usure du temps a fait son oeuvre sur le bois des lambris et s'est alliée à une inévitable décoloration. Sur l'ensemble des panneaux. Un gros travail de restauration est donc nécessaire pour sauvegarder l'ensemble.
Toutes ces constatations illustrent tout le travail à réaliser : réfection du support, puis restauration de peinture. Une oeuvre de longue haleine.

vendredi 14 décembre 2012

Etat de la voûte de la chapelle avant restauration


Nota préliminaire. Toutes les photos citées et numérotées dans cet article sont représentées dans un diaporama complet auquel on accède en cliquant ici ( utiliser de préférence les navigateurs google chrome ou mozilla firefox)


La voûte vue depuis l’échafaudage intérieur 






Une cathédrale métallique a investi la chapelle Saint-Gonéry, c’est une présence incongrue qui cercle toute la nef et se coiffe d’un plateau de métal. Cela surprend, mais, à l’ascension de cet échafaudage, la surprise laisse place au sentiment d’effectuer un voyage dans le temps puisqu’à l’ouverture de la trappe sommitale on débouche soudain (photos 1 et 2) au XVe siècle sur ce plancher, établi au ras de ces peintures que nous ne connaissions que de notre XXIe siècle d’en bas…





Au-delà du merveilleux d’une vision rapprochée de tous les détails, on ressent une sensation de contact avec une subtile présence rémanente de ces artistes d’un autre temps, nous ne sommes plus seulement devant leur peinture mais également bien au milieu de leur groupe et de leurs pensées qui prennent forme sur le plafond lambrissé.


Indépendamment de cet extraordinaire ressenti, le lieu permet d’apprécier toutes les facettes de l’état des peintures. L’urgence des travaux se manifeste tout d’abord au vu de 2 panneaux qui présentent une très inquiétante courbure prédisant une inéluctable chute si rien n’était fait. Le panneau d’Adam et Ève et Résurrection de Lazare est l’un d’eux (photo 3) et 4 où la courbure est bien visible. Il fait l’objet depuis 5 mois de la pose d’un soutien provisoire. La courbure est très visible aussi sur le panneau de la naissance d’Ève et Fuite en Égypte (photos 5 et 6), on y distingue la présence de pièces métalliques posées naguère pour consolidation.



Les lambris sont fixés sur la poutraison qui les tient au moyen de clous qui sont rouillés, il est prévu d’en traiter les têtes au cours des travaux. La réfection de cette poutraison est un impératif vital pour l’avenir de la chapelle : la chute des lambris peints serait une perte irrémédiable. Quelques planches ont échappé à leur fixation (photos 7,8), des trous se sont formés (photo 9) et on constate beaucoup de défauts de surface.
Selon l’entreprise qui en effectuera la restauration, le nettoyage des peintures s’effectuera assez facilement car le décor n’est pas énormément sale. Mais l’usure du temps a fait son œuvre sur le bois des lambris : petits trous, fissures…(photo10) et s’est alliée à une inévitable décoloration (photo 20), sur l’ensemble des panneaux un gros travail de restauration est donc nécessaire pour sauvegarder l’ensemble. Sur la photo 20 nous voyons la diversité des niveaux d’altération avec un roi Hérode encore bien coloré et son écuyer qui nous présente un costume bien terne à l’instar de la majorité d’une bonne moitié de cette scène (photo 21). Ce panneau illustre bien l’ampleur du travail à réaliser. On retrouve la même disparité entre un Créateur bien pâle (photo 22) et son voisin (photo 23) : un Séraphin bien coloré. Dans la scène du massacre des Innocents, le trio en photo 24 nous offre un personnage central vêtu d’une tunique bien teintée qui contraste avec la pâleur de celles de ses voisins peut-être d’une couleur initiale différente: le pigment utilisé au centre aurait alors mieux résisté : on remarque la bonne rémanence de la même couleur sur les jambes du personnage de gauche. Les photos 25, 26, illustrent bien tout le travail à réaliser : réfection du support, puis restauration de peinture.


Sur la photo 24, une constatation s’impose : la netteté des traits des visages et un teint de relative bonne santé, ceci se retrouve dans d’autres scènes : lors d’une précédente restauration, ce fut sans doute un choix délibéré que de privilégier la réfection de certaines physionomies. Sur l’ensemble des peintures, ceci contribue à nous inspirer une appréciation qui n’est pas désespérément catastrophique quant à leur état, compte tenu bien sûr de leur ancienneté d’origine. On peut cadrer de beaux fragments de scènes (photos 27 à 39), ils ne peuvent que nous inspirer qu’il est essentiel de sauvegarder ce rare patrimoine, subsistant en peu d’endroits: il est le témoignage toujours bien vivant de la vie spirituelle et culturelle de générations de Plougrescantais, un témoignage exprimé avec talent et naïveté dans un Art populaire émouvant.