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Bienvenue sur le blog de l'Association des Amis de la Chapelle Saint-Gonery à Plougrescant, village de bord de mer dans les Côtes d'Armor.

Au centre du bourg de Plougrescant, cette chapelle classée des XII et XVe siècles attire le regard par sa flèche penchée, son vaste enclos paroissial, sa chaire à prêcher et son if multicentenaire.

A l'intérieur, elle révèle ses richesses, entre autres, une Vierge à l'Enfant en albâtre et une crédence remarquablement sculptée, toutes deux du XVIe siècle, mais surtout des peintures naïves, fin du XVe siècle, représentant des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament, réalisées sur la voûte de la nef.

Vous pourrez déjà avoir une idée de ces richesses en allant dans la rubrique "Visite guidée de la chapelle" ci-dessous à droite.

Pour les horaires de visite, consultez la rubrique "Visite de la chapelle : renseignements, horaires", également ci-dessous à droite.

Pour sauvegarder et valoriser ce patrimoine unique, notre association, en plein accord avec la commune de Plougrescant, propriétaire de la chapelle, s'est fixé pour tâches d'aider à trouver les fonds pour les travaux nécessaires à sa restauration ou à sa conservation en l'état et de faire partager au plus grand nombre ce joyau de notre patrimoine par des visites guidées, des brochures (consultez la rubrique "Brochure explicative illustrée", ci-dessous à droite) , des cartes postales ou des manifestations culturelles.

Notre association propose en effet également des concerts dans la chapelle car son cadre magnifique et son excellente acoustique sont en effet tout à fait propices à ces manifestations.

Ce blog est donc le support et le prolongement de ces actions tout en permettant un suivi de l'actualité entourant cette chapelle et les activités de notre Association.

Si vous souhaitez soutenir notre action en faveur de la chapelle vous pouvez adhérer à notre association comme indiqué à la rubrique "Adhérer à l'Association des Amis de la Chapelle Saint-Gonéry" ci-dessous à droite.

Pour nous contacter écrivez-nous à l'adresse mail : lesamisdesaintgonery@gmail.com

mardi 30 juillet 2013

L'exposition-vente des 26,27 et 28 juillet 2013 a été un succès.



L'exposition-vente s'est achevée ce 28 Juillet à 18 heures par un tirage des numéros gagnants de la tombola. Ces derniers avec les lots correspondants sont indiqués dans la liste en fin d'article.
Ils seront également affichés dans les commerces ayant offert des lots et à la porte de la salle polyvalente où a eu lieu la vente.
Les lots sont à réclamer chez Jean Pierre Meyniel, 40, Hent Saint Gonéry (Face au bureau de presse) Tel . 0256149560 ou 0662599903.




Nous avons trouvé preneur pour les trois quart des articles, pourtant nombreux, qui nous avaient été donné. A ce jour le montant de la recette, s’élève à 3500 Euros (comprenant des adhésions et la vente d'une quinzaine d'opuscules). Nous pourrons ajouter la vente ultérieure d'une partie des articles restants qui nous permettra d'approcher les 4000 Euros. Cette somme viendra s'ajouter aux actifs de l'association destinés à aider la municipalité dans son action de restauration du patrimoine.



Vue du stand "extrême-orient"


Nous avons été touchés par la large participation des plougrescantais, des résidents secondaires et des vacanciers de passages, qui ont apporté, avec cordialité, leur soutien à cette opération.

Le président de l'association et son bureau remercient très chaleureusement les donateurs des articles présentés, les commerçants et producteurs ayant fournis des lots pour la tombola , tous les amis bénévoles qui nous ont aidés pour le stockage, la mise en place et la vente et enfin la municipalité qui nous à prêté la salle polyvalente.


Vue générale de l'exposition-vente avant son ouverture




RÉSULTAT DU TIRAGE DE LA TOMBOLA 

LOT
BILLET
         Auberge PEN AR FEUNTEUN : 2 Repas complets
7 VERT
         Auberge PEN AR FEUNTEUN : 2 Repas complets
70 VIOLET
         Bar LE GONÉRY : 2 Consommations
44 VIOLET
         Bar LE GONÉRY : 2 Consommations
11 VERT
         Boucherie QUEFFEULOU: Bon d’achat de 20 Euros
95 VIOLET
         Boulangerie MÉHEU : 1 Gâteau pour 6 personnes
46 VIOLET
         Boulangerie MÉHEU : 1 Gâteau pour 6 personnes
26 BLEU
         Camping LE VARLEN : 2 Menus Moules/Frites + 1 verre de vin
28 VIOLET
         Cidrerie de PRAT-ROUZ : 3 Bouteilles de Cidre
30 VIOLET
         Coiffure Valérie LE GOFF : 1 Shampoing + Coupe + Séchage
21 VERT
         Coiffure Valérie LE GOFF : 1 Shampoing + Coupe + Séchage
1 VIOLET
         Domaine de La TUCAUDERIE : Lot de 3 Bouteilles Assorties
16 VERT
         Huitres Christian LE COADOU : 3 Douzaines d’Huitres N°3
23 VERT
         LAURENCE Institut : 1 Modelage Visage et Cuir Chevelu
20 VIOLET
         Magasin MÉNARDY : 2 Bons d’Achat de 5 Euros
17 VIOLET
         Magasin MÉNARDY : 2 Bons d’Achat de 5 Euros
37 VIOLET
         Magasin MÉNARDY : 1 Bon d’Achat de 10 Euros
27 VIOLET
         Magasin PROXY : 1 Bouteille de Martini
17 VERT
         Pharmacie COUCHOURON : 1 Bon d’Achat de 50 Euros
13 VIOLET
         Pharmacie COUCHOURON : 1 Bon d’Achat de 50 Euros
59 VIOLET
         Restaurant LA FRÉGATE : 1 Poêlée de Saint-Jacques
18 BLEU
         Restaurant LA FRÉGATE : 1 Pizza Bretonne
29 VIOLET
         Panier du Potager et du Jardinier BOUGEANT François
68 VIOLET
         Panier du Potager et du Jardinier BROUDER Christian
23 BLEU
         Panier du Potager et du Jardinier BROUDER Gilbert
4 VIOLET
         Panier du Potager et du Jardinier BROUDER Joseph
24 VERT



jeudi 11 juillet 2013

Exposition-vente les 26, 27 et 28 juillet 2013 au profit de la chapelle Saint Gonery

Notre association organise une exposition-vente d'objets décoratifs et de petits meubles à la mairie de Plougrescant, salle Michel Le Saint,  les 26, 27 et 28 juillet de 10H à 18 H, au profit de la restauration de notre chapelle Saint Gonéry.
Venez nombreux avec vos amis à cette vente où vous pourrez trouver un grand choix de beaux objets à des prix intéressants.
Ces objets provenant uniquement de dons n'hésitez pas également à nous en faire parvenir en contactant Jean-François Corre, organisateur de l'opération au 02 96 92 59 29 ou Jean-Pierre Meyniel au 02 56 14 95 60.
Vous trouverez ci-dessous  un modèle des affiches que nous avons réalisé à cette occasion :



lundi 17 juin 2013

Restauration de la sous-charpente de la chapelle et avancement des travaux dans la chapelle début juin 2013



RESTAURATION DE LA SOUS-CHARPENTE

Dessin de la charpente


Croquis de la charpente avec dénomination des pièces de charpente (cliquer sur le croquis pour agrandir)



Photos de la restauration avec commentaires explicatifs.( cliquer sur les photos pour agrandir)

1: Une panne neuve très robuste passe sous les chevrons de toiture. Elle soutient les poutres courbes, près de leur partie inférieure, par des équerres en acier galvanisé.



2: Les coyaux fixés à l’extrémité des chevrons de toiture reposent sur la sablière extérieure tandis que les poutres courbes reposent sur la sablière intérieure. Le chevron de toiture est cloué sur une panne intermédiaire neuve, elle même fixée à l'extrémité d'une poutre d'entrait.



3: La panne sablière sur laquelle sont posés les coyaux, tandis que les poutres courbes reposent sur la sablière intérieure. Entre les 2 sablières du mortier a été coulé.



4: Les poutres courbes sont fixées a la panne neuve par des équerres en acier. En haut, la fixation d'une poutre intermédiaire à une pièce de ferme par une ferrure.



5 : En haut la panne intermédiaire soutient les poutres courbes par des pendards en acier. En bas les chevrons de toiture sont cloués sur une poutre intermédiaire neuve.



6 : Extrémité des coyaux posés sur la sablière extérieure, tandis que l’extrémité des poutres courbes repose sur la sablière intérieure. Entre les 2 sablières une liaison avec queue d'aronde, l'intervalle est bourré de mortier.



7 : Extrémité de sablière remplaçée, elle est fixée à la ferme par une équerre en acier. Deux chevilles relient la partie neuve avec l'ancienne. Un bain de mortier entre sablières renforce l'ensemble.



8 : Fixation par clous du chevron sur une panne neuve. Une poutre courbe est liée à cette panne par une équerre. Aperçu de la liaison entre les sablières par une entretoise à queue d'aronde, puis le bain de mortier.




9 : Extrémité des chevrons qui sont prolongés une première fois au niveau de la panne intermédiaire avec la même pente, puis une deuxième fois par un coyau qui avec une pente différente vient reposer sur la sablière extérieure.




10 : Ferme de toiture rénovée.
Les arbalétriers sont doublés et soutiennent les pannes intermédiaires par des ferrures. Un faux entait (pièce transversale) est en place, il supporte 2 pannes (nous n'en voyons qu'une) auxquelles sont pendues les poutres courbes dont on peut voir la précarité.



AVANCEMENT DES TRAVAUX

Les travaux se déroulent de façon satisfaisante tant sur le plan de la qualité que de celui des délais.

- La restauration de la sous-charpente est terminée. C'était certainement la partie la plus délicate : peu de pièces de bois ont été remplacées. Les pièces arrondies d'extrados de la voûte, dont certaines sont profondément attaquées par les xylophages, ont été suspendues ou reliées à des pannes longitudinales neuves et très robustes, par des pièces en acier, trois poutres courbes d’extrados ont cependant dû être remplacées par des neuves. La structure de la voûte a été rigidifiée au niveau de chaque ferme par la mise en place d'aisseliers et de pendards d'aciers reliés aux pannes longitudinales.

- Les pièces principales de la charpente ont fait l'objet d'une datation (analyse dendro-chronologique) qui permet de situer la coupe des bois à 1479-1494

- Les sablières ont été doublées ou partiellement remplacées (greffes) puis bloquées sur la partie supérieure du mur (arase) par une large épaisseur de mortier.

- Un traitement anti-xylophage des pannes et poutres de soutien de la voûte est en cours de réalisation. Les parties les plus altérées sont imprégnées de résine spéciale.

- En ce qui concerne les lambris ils reçoivent le même traitement xylophage. Certains, jugés trop altérés, ont été démontés et ils feront l'objet d'un contre collage sur des lambris neufs en châtaignier. Cette opération entraîne un supplément de prix de 4500 euros HT. La repose est prévue au début de Septembre.

Dès cette fin de semaine n° 23, les couvreurs vont commencer la repose des voliges, pour ensuite poursuivre par les ardoises dont ils ont trié et retaillé les récupérables. La couverture sera terminée en Octobre

- Des tests d'enduit intérieur et de jointoiement des pierres à l’extérieur sont prêts pour l'appréciation de l'Architecte des Monuments de France. Ce dernier doit venir ce Mercredi 19 juin. Les travaux de maçonnerie pourront alors commencer.

- Ensuite viendront les phases d’électricité et d'éclairage, puis, en fin d'année, la restauration finale des lambris et de leurs peintures.










vendredi 26 avril 2013

Des nouvelles du chantier de restauration de la chapelle en avril 2013



Le toit de la chapelle dans son "cocon"


Une visite de chantier, conduite le 17 avril dernier par le cabinet 2BDM architectes des monuments historique et en présence de l'entreprise Cruard (Charpentier), nous a permis de constater que le chantier avance normalement suivant le planning.

Actuellement le bâtiment est entièrement protégé et comporte des échafaudages à l’intérieur comme à l’extérieur, avec des plates-formes de travail rendant accessibles tous les niveaux. L’accès du chantier est bien sûr strictement interdit au public.

Les ardoises, les voliges et certains chevrons ont été déposés, ainsi que des parties de lambris peints, trop déformés, pourris ou vermoulus.
Pour agrandir les photos cliquer dessus.








 Nous avons pu facilement constater le mauvais état des pièces courbes de charpente qui supportent et donnent la forme de la voûte peinte. Ces pièces placées au dos de la voûte ne sont visibles et accessibles que si l'on dépose la toiture, c'est pour cette raison qu'elles n'ont pas subi de travaux depuis plusieurs siècles. 


 


Cette sous-charpente ressemble un peu aux membrures d'une coque de navire. Elle sera renforcée par la mise en place de 4 poutres larges et épaisses, placées longitudinalement et posées sur des doublages d'entraits et de contrefiches.
Les éléments courbes de charpente sont accrochés à ces poutres maîtresses par des équerres en acier galvanisé.




Par ailleurs nous avons constaté le mauvais état des poutres sablières (posées sur la partie supérieure des murs elles supportent la charpente et la sous-charpente), ces poutres sont profondément vermoulues et pourries et devront être renforcée par différents moyens suivant les endroits (doublages, greffes …). Les pièces de bois endommagées seront évidemment traitées contre les insectes xylophages par des injections et pulvérisations de fongicide, plus efficace que l'enfumage prévu initialement.

 


Au bas des lambris peints, les moulures en bois actuelles seront remplacées par des pièces faisant mieux la jonction avec les murs. Ces derniers sont constitués de simples moellons assez pauvres et peu épais, aux joints extérieurs plutôt dégarnis, laissant passer le jour à certains endroits. Ces murs étaient initialement dotés d'un mince enduit  et d'un badigeon coté intérieur (on aperçoit même un décor d'hermines sur des vieilles photos) et il est envisagé de présenter les murs intérieurs de cette façon (sans les hermines).

La restauration des peintures de la voûte devrait commencer le 29 Avril.

En ce qui concerne l'écoulement des eaux pluviales, il semble que la mise en place de drains dans des tranchées, le long des murs, à l’extérieur, soit en passe d'être abandonnée en raison des dommages irréversibles qui seraient occasionnés au sous-sol et que les archéologues pourraient plus tard déplorer. 
Une autre solution devra donc être trouvée.

Nous espérons toujours voir la fin de cette première tranche (la plus importante, et la seule fermement commandée) pour l'été 2014.

Une prochaine réunion de chantier est prévue vers le 2 Mai 2013. 


Le panneau de chantier






lundi 22 avril 2013

La presse en parle : article dans Ouest-France du 11 avril 2004


mardi 2 avril 2013

Les pigeonniers de Plougrescant


Lezernant

Selon les coutumes féodales, il fallait être seigneur d’un fief et exploitant d’un domaine pour avoir droit de
colombier. En 1488, la Duchesse Anne reconnait : « que les deux lieux-dits de LEZERNAN et KÉRALIO sont chevaleries anciennes décorées de plusieurs insignettes et privilèges comme de siège de juridiction de haute, moyenne et basse justice, étang, moulins, pigeonniers, métairies, garennes et chapelles. »
De cette citation il demeure notamment le pigeonnier de LEZERNANT, certes effondré du coté opposé à la route, mais attestant de la seigneurie du lieu.
Les pigeonniers sont en général de forme cylindrique, dotés d’un toit depuis le XIV e siècle ils contiennent un nombre de nids, appelés boulins, qui est fonction de la taille du domaine évaluée en arpents. Chaque nid correspond à la possession d’environ ½ hectare, la taille du pigeonnier est donc fonction de l’importance du domaine.

Kergresq

Le manoir de KERGRESQ, qui fut notamment propriété de la famille DU HALGOUËT puis de la famille HENRY, était muni d’un pigeonnier où l’on voit encore la disposition des boulins. Situés sur la paroi cylindrique intérieure, leur exploitation se faisait à l’aide d’une échelle tournant autour d’un axe central.
Apanage visible du statut élevé du seigneur, le pigeonnier se devait d’être construit avec grand soin, c’est le cas à Plougrescant, alternant les blocs taillés de granite avec de minces couches de schistes afin de récupérer assez régulièrement l’horizontalité, à la manière des constructions romaines. Les toits sont aussi en pierres formant une voute aplatie. La longévité des pigeonniers était ainsi assurée, perpétuant le niveau du statut seigneurial.


Porte pigeonnier Gouermel 


Le pigeonnier de GOUERMEL présente, autour de sa porte (qui a, elle, été rénovée), un très bel appareillage en pyramide surmontée de linteaux en triangle.
Au TOUROT, il existait un manoir siège d’une seigneurie, la première trace de cette seigneurie est connue en la personne de Pierre de LAUNAY, sieur du TOURAULT, né vers 1534. Le pigeonnier est bien visible, en partie écroulé, et recouvert de lierre. À proximité, le manoir était doté d’une chapelle et aussi d’un moulin.

Tourot

Le manoir de KERGREC’H possédait lui aussi son pigeonnier, sa présence est attestée dans un Aveu publié en 1548 par Guillaume de KERGREC’H et son épouse Louise de BOTLOY. Il y figure sous la dénomination : « Colombier à boullards ». Un Aveu plus récent (1765) nous en donne une description précise :
« Noble maitre Guillaume Marie DUPORTAL avocat à la Cour, ancien Sénéchal et Prévôt des juridictions des Regaires et prévôté de Tréguier, maire actuel et miseur de la ville et communauté dudit Tréguier, y demeurant paroisse de Saint Sébastien Déclare et avoue avoir tenu et posséder à titre de convenant et de domaine congéable aux us et coutumes de l’évêché de Tréguier, sous et de part haut et puissant seigneur Messire Guillaume de ROSNYVINEN, Chevalier seigneur marquis de Piré, propriétaire des terres, fief et seigneurie de Kergrec’h Bois Yvon, demeurant ordinairement en son hôtel de Rennes, rue corbin paroisse de Saint Pierre en Saint Georges :
Le manoir noble de Kergré, autrement dit Kergrec’h Bois Yvon ….
Le colombier en maçonnerie vouté de même avec contreforts à l’extérieur, ledit colombier ayant seize pieds trois pouces (4,5 m.*) de diamètre dans œuvre par le bas, quinze pieds (4,15 m.) de hauteur en dehors jusques sous le larmier, dix neuf rangs de boulins en dedans, neuf gradins avec un larmier ; pour y entrer une huisserie en taille avec porte et serrure ; l’intérieur garni de poutrelles, pivot et échelle mouvante, le fond pavé et formant bassin. »
*équivalence donnée avec la valeur du pied en usage à cette époque en France
Il apparait ici que la dénomination des nids est passée de « boullard » en « boulin »; le larmier désigne, sur la partie haute de la façade des pigeonniers, un bandeau en saillie destiné à interdire la montée des prédateurs tels que fouines, belettes.
On ne distingue actuellement plus de traces de ce pigeonnier, il est signalé dans le document ci-dessus comme étant proche de la ferme-métairie située sur le domaine.
La commune de Plougrescant comptait donc 5 grands pigeonniers. Comme partout en France on imagine que les cultivateurs eurent à se plaindre des dégâts causés aux récoltes par les pigeons, il en est d’ailleurs fait mention dans les « cahiers de doléances » dont l’usage remonte au XIVe siècle, les plus connus étant ceux de 1789. La « nuit du 4 août » de l’abolition des privilèges supprima cette exclusivité seigneuriale. Notons aussi qu’un nouveau code rural en 1791 autorisa de tirer sur les pigeons en période de moisson.


Epoisse

Pris dans le colombier (XVIe siècle) du château d’Époisses en Bourgogne, ce cliché nous montre le dispositif d’échelle tournante. À noter que certains pigeonniers sont de forme carrée ou octogonale, l’intérieur est néanmoins généralement pourvu de cet ingénieux système.

Michèle et Marc PONSONNET
Association des amis de la chapelle Saint-Gonéry

samedi 19 janvier 2013

Une poulie mystérieuse et un faux autel dans notre chapelle







Dans le transept sud de notre chapelle, le visiteur est invité à lever les yeux pour admirer les sablières qui ornent le haut des murs. Son attention est généralement attirée également par la vision insolite d’une poulie suspendue à la poutre d’entrait qui traverse le transept. Les valeureux guides se doivent donc de fournir une explication aux visiteurs : ce fut d’abord l’hypothèse de la présence d’un luminaire avec la nécessité d’un mode de suspension compatible avec une facilité de remplacement des chandelles. Mais une observation plus attentive des lieux montre à la verticale de cette poulie une différence d’aménagement du sol : sur un rectangle bien délimité, le pavement présente un aspect différent des alentours. Ce serait l’indice de la suppression d’un puits existant autrefois à cet endroit (et bénéficiant de l’usage de la poulie), car un visiteur ayant des capacités de sourcier nous a affirmé la présence d’eau souterraine à cet endroit précis.











Cette interprétation s’accorde avec les souvenirs ancestraux d’anciens Plougrescantais présentant  comme une « table d’offrandes » dans le transept (et non pas comme un autel) ce qui figure sur la photo ci-dessous. L’usage de la table d’offrandes était très répandu depuis les temps primitifs du christianisme et pratiqué aussi dans le judaïsme, cette table était alors connue sous le nom latin « oblationarium », la définition de cette table mentionne bien la distinction à faire avec l’autel, destiné exclusivement à la célébration de l’Eucharistie. Les fidèles y déposaient leurs offrandes, généralement en nourriture, celles-ci étant destinées d’abord aux besoins du clergé de la paroisse, ensuite les pauvres de la paroisse pouvaient disposer du reste, et utiliser le puits pour prendre de l’eau. Selon les anciens, il leur était même possible (hors offices bien sûr) d’utiliser cette table pour y prendre un repas, on peut voir ici une séduisante allusion au symbolisme du repas eucharistique. La tradition généralement admise sur l’usage en Bretagne de la table d’offrandes est moins pittoresque : les dons y étaient déposés à l’occasion de la grand-messe dominicale, à l’issue de l’Office le clergé prélevait sa part pour sa subsistance et le reste était alors vendu aux enchères au bénéfice de la paroisse et de ses œuvres charitables.